• Les SDF

     
     
     
     
    Tout en ce bas monde arrive à son heure,
    Le gel du matin ronge comme le diable...
    Deux petits vieux assis sur un banc peut stable
    Côte a côte l'un près de l'autre, les yeux ailleurs,

     
    Madame tordit de biais son cou,
    Haussa les épaules d'avant ce vétéran grigou :
    Un insignifiant personnage de vin imbiber,
    Tout tordu, souillé, ans aucune acuité !

     
    Les deux petits vieux
    S'évitaient des yeux
    Se haïssaient l'un l'autre en ce parc bucolique 
    En plein état éthylique  !

     
    Monsieur était une parfaite épave en détresse,
    Et madame n'était plus d'une prime jeunesse,
    Et en les voyants de loin assis sur leurs fesses
    Ne donner pas envie de les entendre à confesse.

     
    Tremblant étais le monsieur au visage rouge phénol,
    Bien que vert pour son age avancé,
    Ses cheveux grisonnants presque parfait
    Flotté au vent comme la tête d'un balai espagnol.

     
    Les deux anciens se disputaient
    Un fond de cru mauvais
    Ce qui les faisaient se détestaient!
    En s'arrachant sauvagement la bouteille sans pitié

     
    Ce jour par-là passa La maréchaussée,
    A l'infirmerie du bastion enfermèrent les deux Vieillots
    Puis on ceignit la taille de la névrosée
    Et le ceinturon de l'accoutumé des caboulots

     
    On a lavé leurs cheveux, passé le crin, sur leurs peaux
    Lâché les huiles essentielles, illuminé leurs chicots
    Et les ongles, la toilette finie sans gaudrioles
    Les deux petits vieux ont redressé les épaules.

     
    Se sont regardé
    Leur anatomie nouvelle appréciée,
    Et vu qu'ils avaient l'un et l'autre bien embelli.
    Sont devenu très ami

     
    Monsieur a déclaré dans un soupir ses remords
    Madame: " Tous deux nous avons tort
    Jamais je n'ai vu à part-vous
    Plus gracieuse,vous me plaisait beaucoup!
    Madame, dans un état similaire,
    Le déclara proprement irrésistible
    La métamorphose se distingue du belvédère 
    De près c'est mieux encore se fut perceptible.

     
    Les deux petits vieux
    Quittèrent le parc comme deux amoureux
    Ensemble fier comme crésus
    Bras dessous bras dessus

     
    Avancèrent muets jusqu'à l'horizon.
    Libérés des cancans et des vapeurs d'illusions.
    Le groupe d'infirmières les salua gentiment
    Les deux SDF refusaient de se quitter simplement.

     
    Que leur est-il arrivé aux petits vieux?
    Étaient-ils tous deux
    Devenus fous obséquieux
    Ou peut-être tombèrent-ils simplement amoureux

     
    Otangerac

     
    13.01.09 COPYRIGHTÓ tout droits de reproduction est interdite  en France et à l'étranger

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